Les premières réticences des assureurs envers les aérothermes suspendus datent d’il y a 20 ans

Chronique d’un malheur évité

by Charles-Antoine Carra

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« Les premières réticences des assureurs envers les aérothermes suspendus datent d’il y a 20 ans »

Voici une recette toute banale. Tellement simple, que n’importe quel profane peut la concocter. Mais s’il manque un ingrédient, ça devient mortel. Et non, ce n’est pas une recette de poisson Fugu.

Et bien que c’est une recette de survie, on ne peut pas l’emporter en forêt. La voilà :

  • Une maison
  • Une famille
  • Un garage 
  • Un aérotherme suspendu
  • Un hiver québécois 

Mélangez le tout et, si vous oubliez l’ingrédient le plus important – le détecteur de fumée – c’est la catastrophe. Enfin, probablement… parce que Nathalie (nom fictif de la fille avec qui je travaille) en avait un, un détecteur de fumée. Si elle n’en avait pas eu, ça se peut bien que Nathalie (nom fictif) ne travaillerait plus pour nous.

Alors les faits en question remontent à jeudi dernier. Vous pourrez fouiller partout, dans les journaux, sur le web ou au parvis de l’église, personne n’en parle. Heureusement, car on parle toujours des malheurs. Et ce qui est arrivé, ça a passé proche, mais…

Donc, on reconstitue les événements :

 Le garage, attaché à la maison, est chauffé par un aérotherme. C’est l’hiver, alors il est en fonction. C’est la nuit, alors toute la famille dort (ben, c’est ce qu’ils m’ont dit…). Alors, ce qui se passe, c’est que l’élément chauffant de l’aérotherme se brise, tombe et, puisqu’il est brûlant, enflamme instantanément les quelques items tout juste en dessous. La combustion fait de la fumée… la fumée fait partir le détecteur. Heureusement que le conjoint de Nathalie (nom fictif), est un ancien pompier volontaire assez catégorique sur les piles de détecteurs. Alors la pile est chargée, le détecteur fonctionne et réveille la famille. Comme un bon pompier volontaire, il savait également comment utiliser un extincteur. Il éteint le feu, la fumée aura causé du dommage… mais le drame est évité.photonc

Jean-Louis Tanguay, préventionniste de la firme Wilfrid Tanguay, nous indique que les premières réticences des assureurs envers les aérothermes suspendus datent d’il y a 20 ans. Les gens coupaient la prise mâle et branchaient directement le fil dans le panneau, ce qui n’était pas conforme. L’interdiction a suivi pour des aérothermes installés sur des planchers combustibles. Ensuite ils ont été suspendus… et comme la chaleur monte, on augmentait au max la puissance. Il y a eu ensuite des rappels entre 2007 et 2010 sur les deux plus importants modèles émis en raison d’incendies potentielles: Chromalox et Stelpro. Un disjoncteur allait être fourni aux détenteurs, mais des ordres de débranchement ont également été émis.

Alors je suis pas mal certain que Nathalie (nom fictif) et sa famille vont s’en souvenir pour toujours. Je suis pas mal certain que les piles de leurs détecteurs de fumée seront vérifiées tous les six mois. Je suis pas mal certain qu’ils sauront toujours comment faire fonctionner un extincteur et je suis pas mal certain que pour eux, c’est terminé les aérothermes suspendus.

C’est «drôle», je suis moins certain à propos de vous. Je ne sais pas ce que vous attendez…

Auteur Lareau - Charles-Antoine Carra
Charles-Antoine Carra

Directeur - Service aux particuliers