La saison du déménagement – comment un assureur tarifiera votre nouvelle habitation?

La saison du déménagement – comment un assureur tarifiera votre nouvelle habitation?

by Charles-Antoine Carra

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« Un secteur en revitalisation souffrira trop longtemps des mauvaises expériences du passé alors qu’un ancien « bon » secteur pourrait mal vieillir. »

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Historiquement, les Québécois déménagent tous le 1er juillet. Si cela fait partie de notre décor depuis de nombreuses années (1974), il n’en a pas toujours été ainsi. La date du 1er juillet a été fixée par le gouvernement afin d’éviter les problèmes liés aux changements d’écoles alors que l’ancienne date était le 1er mai. Imaginez le cauchemar d’alors, quand les enfants devaient apprivoiser une nouvelle école tout juste avant leurs examens de fin d’année.

Vous déménagez, donc, et vous vous demandez si votre nouveau secteur coûte plus cher ou moins cher?

Un assureur fera varier sa tarification en fonction d’un tas de facteurs personnels à chacun. Votre âge, votre expérience, votre emploi, vos biens à assurer, l’état de votre maison, votre cote de crédit et, selon les assureurs, quelques autres facteurs feront varier votre prime d’assurance. Toutefois, il y aura une grosse partie de votre tarification qui varie en fonction de votre adresse. Les assureurs vont tarifier uniformément une région, une ville ou un code postal. D’autres iront encore plus précisément en tarifiant une rue. Quels sont donc leurs critères?

Bien entendu, il y a le critère de l’expérience. Si historiquement un assureur a toujours eu de bons résultats dans une région, une ville, un code postal, ou une rue, il est porté à croire que cette ville aura une bonne expérience pour le futur. À l’inverse, une mauvaise expérience leur fera croire que le secteur est mauvais. Or, c’est une mauvaise façon de voir les choses. Cela ne considérera pas le facteur « chance ou malchance » à savoir si un échantillon est trop petit pour être considéré statistiquement fiable, on ne peut affirmer que le passé est garant de l’avenir. L’expérience prend également du temps avant de prouver que les secteurs changent. Un secteur en revitalisation souffrira trop longtemps des mauvaises expériences du passé alors qu’un ancien « bon » secteur pourrait mal vieillir. Mais laissons ces théories aux actuaires, ceux qui tentent de deviner les « bonnes tarifications ».

Les assureurs vont donc se pencher sur bien d’autres facteurs. Principalement ceux des éléments les plus destructeurs : le vent, le feu et l’eau.

Le vent est de plus en plus destructeur alors que les tempêtes estivales sont plus fortes que jamais. Les assureurs étudient quelques passages de forts vents dans certains secteurs. Il peut sembler loufoque d’être en mesure de prédire le vent, mais à flanc de montagne ou dans les champs, il y a parfois de forts courants venteux ponctuels.

Le feu demeure l’ennemi numéro un des assureurs puisque c’est le sinistre qui peut causer le plus de dommages. Heureusement que c’est le moins fréquent. L’assureur déterminera si une zone est à risque en qualifiant le service d’incendies. Par exemple, un poste d’incendie avec des pompiers volontaires ayant un immense territoire à couvrir et n’ayant pas accès à l’eau à volonté (borne-fontaine) sera assurément moins performant qu’un poste permanent dans une ville dense.

Si le feu est l’élément le plus destructeur, c’est l’eau qui cause le plus souvent des maux de tête aux assureurs en raison de la haute fréquence de ces sinistres. Pour chaque dollar payé en réclamation en assurance habitation, plus de 50 cents iront seulement à des dommages par l’eau. Les causes sont multiples, mais s’il est difficile de deviner la force ou la quantité des pluies qui tomberont sur des zones en particulier, il est plus facile de déterminer la performance du réseau d’égouts. La vétusté des installations, la mauvaise conception des égouts ou simplement des égouts surchargés en raison d’une explosion démographique sont les principales causes de refoulement des égouts. Ceux-ci se prévoient donc un peu plus facilement.

Alors voilà, je vous laisse maintenant défaire vos boites…

Auteur Lareau - Charles-Antoine Carra
Charles-Antoine Carra

Directeur - Service aux particuliers